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- Charles Bernier - 1662-1731
Charles Bernier est le troisième enfant (2ème fils) de Jacques Bernier dit Jean de Paris, Seigneur du Fief Saint-Joseph ou de la Pointe-au-Foin, du Cap-Saint-Ignace, et d'Antoinette Grenier. Sa date exacte de naissance est introuvable. Le recensement de 1666 le fait naître en 1663, celui de 1681 en 1663 également. Sa date de confirmation , au Cap-Saint-Ignace, le 30 juillet 1681, par Monseigneur de Laval, Evêque de Québec, confirme aussi cette date. Il est dit dans ce dernier acte qu'il a 18 ans.
Selon Mgr Cyprien Tanguay, son acte de baptême aurait été enregistré à Québec en 1662. Même si l'acte ne se trouve point dans les registres de Notre-Dame de Québec, il a pu être perdu au cours des randonnées missionnaires des curés itinérants qui voyageaient d'une paroisse à une autre constamment. On peut prendre pour acquit qu'il soit né en 1662 puisqu'à son mariage, en 1694, il se donne 32 ans.
1662 est réellement l'année de sa naissance. Il est possible maintenant avec un peu de calcul d'établir au moins le mois. Voyons le cycle des naissances des quatre premiers enfants. Pierre est né le 26 janvier 1659. Vingt-deux mois plus tard, le 12 novembre 1660, arrive la 2ème enfant, Marie-Michèle. Puis, c'est Charles. Le rythme est alors de 20 à 22 mois entre les naissances. Charles serait né en juin 1662, vingt mois plus tard. Celui qui le suit, c'est Jacques (fils), le 13 novembre 1664, soit dix-huit mois plus tard. Enfin arrive le 4ème enfant, Jean-Baptiste, le 30 août 1666, vingt-et-un mois plus tard. L'enfant que porte Antoinette dans ses bras lors de sa paralysie est assurément Charles âgé d'environ six mois, puisqu'il ne marche pas et que l'événement arrive en «fin d'année 1662»
Dans quel contexte cet ancêtre prend-il part à la fondation de la Nouvelle-France? Voyons quelle était la mentalité de la colonie en cette époque-là. Les Français qui sont venus au Canada y ont fondé une véritable patrie. Il se fonde une patrie lorsque des pères et mères de familles adoptent pour eux et pour leurs descendants un territoire auquel ils vouent leurs travaux, leur attachement, leur vie. Or, c'est ce que les colons de la Nouvelle-France ont fait. Ils sont venus avec l'intention de fonder sur ce sol un foyer stable qui serait entretenu par les générations successives. Le Canada était pour eux une terre de libre élection. Aucune nécessité, ni aucune force majeure ne les y avaient poussés. C'est par un libre choix qu'ils sont venus ici, avec la ferme volonté de s'y établir définitivement et la douce espérance d'y créer un «chez-nous». Et voilà ce qu'est le premier élément de la fondation d'une patrie.
Puis inlassablement, ils ont défriché ce sol et l'ont rendu apte à la production et à la fécondité. Leur main industrieuse en a fait une terre, mère nourricière de la population qui s'y établissait. Ils se sont groupés dans la solidarité pour poursuivre le même idéal, le même but, le même bonheur et lorsque l'ennemi a menacé l,existence de leurs foyers et de leurs biens, ils les ont défendus dans la plus parfaite union patriotique.
Enfin, ils ont créé un ensemble de traditions qui se sont perpétuées à travers les générations qui se sont succédées. C'est une véritable patrie que les Français ont fondée sur cette terre d'Amérique. Le peuple canadien de 1760 s'est battu comme l'on se bat pour une patrie. Si le soldat de France s'enflammait pour la gloire, le soldat canadien-français avait un double but et un double enthousiasme: pour lui, il y avait l'honneur du drapeau à sauver et la patrie à défendre. Le peuple de 1760, si l'on peut appeler ainsi les 65,000 canadiens qui habitaient ce sol, était bien resté français, il avait jalousement conservé du vieil apanage les vertus françaises, la foi profonde et pratique.
Source: Extrait du site web de Cyril Bernier concernant Charles Bernier.
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